Un club n’existe que par son histoire et par celles et ceux qui l’ont construite.

Gérard, bâtisseur et passionné de la première heure

Parler du Model Club Chavanoz sans évoquer Gérard serait oublier une part essentielle de notre histoire. Gérard est l’un des fondateurs du club, qu’il a contribué à créer dès 1984, animé par une passion intacte pour le modélisme et l’aviation.

Aux origines du club

L’aventure commence à Janneyrias, avec Maurice MORENO. À l’époque, ils sont peu nombreux et surtout confrontés à une difficulté majeure : trouver un terrain. La proximité de l’aéroport complique les choses. La solution viendra d’une rencontre avec un passionné de modélisme naval. Les deux initiatives fusionnent, et le club est finalement rapatrié à Chavanoz, où le maire met à disposition un terrain… qui n’est alors qu’une ancienne décharge. Peu importe : « on a pris en se disant on verra après ».

Dès les débuts, l’esprit club est là : des ateliers de construction sont organisés le jeudi dans une salle municipale, favorisant l’échange, l’apprentissage et la convivialité.

Une passion née très tôt

Gérard découvre le modélisme dès l’âge de 12 ou 13 ans, avec le vol circulaire. Un grave accident, qui lui coûte plusieurs doigts, l’éloigne un temps du pilotage. Pour garder le moral, il se tourne vers la construction de maquettes, d’abord de bateaux, puis progressivement à nouveau d’avions.

Ingénieux et débrouillard, il récupère même des moteurs chez le vendeur de tronçonneuses du coin, les démonte et les intègre dans des cellules qu’il construit entièrement à la main. À l’époque, les vols se font en 41 MHz, sur le plateau de Cessieu, avec les clubs voisins.

Son tout premier modèle ? Un avion d’entraînement, comme beaucoup… avant une longue série de créations bien plus ambitieuses.

Du grandeur nature à l’hélico

Passionné d’aviation, Gérard construit, vole, fait des démonstrations dans la région. Ces rencontres lui valent même un baptême de l’air en avion grandeur, une étape marquante. Puis la vie professionnelle prend le dessus : installé à son compte, il s’éloigne un temps du club.

Il y revient il y a une quinzaine d’années et se lance alors dans une nouvelle discipline : l’hélicoptère, aux côtés de Patrick NICOLAS. À l’époque, ils vont voler dans des endroits improbables, parfois non loin de la centrale… Gérard pratique exclusivement l’hélico pendant un temps, jusqu’à des machines impressionnantes de 1,80 m, comme les Vario.

Le Yak 55, une fierté absolue

S’il ne devait garder qu’un seul modèle, ce serait sans hésiter son Yak 55. Juste après la Coupe du monde de voltige de 1984, remportée par cet avion mythique, Gérard se lance un défi fou : en construire une version de 2,30 m d’envergure, à partir d’un simple dessin.

Il redessine tous les plans, fabrique ses propres moules, construit l’avion entièrement en fibre, découpe les ailes en polystyrène, fabrique même… l’hélice, avec l’aide d’un ami menuisier. Tout est fait à la main, de A à Z.

Le succès est immédiat. Gérard est invité à de nombreuses démonstrations dans la région. Les demandes affluent, y compris de Corse, pour qu’il en construise d’autres. Mais le temps manque. Construire pour lui, oui. Produire en série, non.

Plus largement, Gérard est un fervent défenseur de la construction personnelle, qu’il considère comme l’essence même de l’aéromodélisme. Plans maison, modèles uniques, défis techniques : en un hiver, il lui arrive de concevoir et construire un avion complet en trois mois.

Voler ce que l’on a construit

S’il apprécie le pilotage, notamment le vol maquette, Gérard le dit sans détour : le plus grand plaisir reste celui de faire voler un modèle construit de ses propres mains. Une fierté impossible à mesurer.

Il a tout construit ou presque : avions, hélicos, bateaux… même un bateau en tôle.

L’esprit club avant tout

Pour Gérard, l’ADN du club ne tient pas seulement aux modèles ou aux terrains, mais avant tout à la communauté. L’ambiance, les moments partagés, la convivialité. Il se souvient avec émotion des soirées Beaujolais, des fous rires sur le terrain, comme ce jour mémorable où une aile delta bricolée, lestée de cailloux scotchés et aidée par un peu de gnôle, a fini par voler sous les éclats de rire généraux.

Il n’a jamais souhaité occuper de fonction officielle, préférant rester investi sans titre, invité au bureau élargi, libre et engagé à sa manière.

Un regard lucide sur l’évolution du modélisme

Gérard admire les progrès technologiques : électrique, radios modernes, électronique, simulateurs… Pour lui, l’évolution est fabuleuse, surtout quand on se souvient de la difficulté de piloter un hélico à ses débuts. Mais il regrette la disparition progressive de la construction, de la réparation, du « faire soi-même ».

Son message aux nouveaux et aux jeunes est simple et sincère :
« Allez-y à fond ! C’est passionnant. »

Et pour l’avenir des clubs, une priorité absolue : préserver l’ambiance. Il a vu des clubs s’effondrer lorsque l’esprit se perdait. Sans convivialité, sans plaisir d’être ensemble, rien ne tient longtemps.

Une passion dévorante… et précieuse

Reconnu membre d’honneur, Gérard accueille cette distinction avec humilité. Ce n’est pas un aboutissement, simplement le plaisir d’être là.

S’il devait résumer sa passion en une phrase, ce serait celle-ci :
Le modélisme est un formidable terrain d’apprentissage, multidisciplinaire, enrichissant… mais attention, prévient-il avec le sourire : la passion peut être dévorante.

Une chose est sûre : grâce à des passionnés comme Gérard, le club a des racines solides et une histoire dont il peut être fier.

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